La relation père fils

Une relation père fils se construit dans les toutes premières années de vie. Si les conflits durant l’enfance ne sont pas réglés à l’âge adulte, il est parfois difficile de s’épanouir pleinement. D’autant plus lorsqu’on est hypersensible.
Et comme le dit Jacques Salomé « Être à l’écoute réelle d’un enfant, c’est accepter d’être à l’écoute de l’enfant qui est en nous à chaque instant. »
Quelles sont les raisons d’une relation père fils conflictuelle ? Comment améliorer ses relations avec son père à l’âge adulte ? Voici quelques pistes.

Les raisons du conflit

1- Un passé en commun

Contrairement aux relations que l’on noue à l’âge adulte, la relation père fils est la première que l’on construit. Cela offre une vraie connaissance de l’autre, mais également un souvenir des nombreuses expériences vécues, pas toujours idéales. Et surtout, qui subissent le poids d’une interprétation pas forcément objective. L’hypersensibilité est également un point à ne pas oublier. Aujourd’hui, de nombreuses femmes acceptent leur hypersensibilité. Les hommes ont plus de difficultés à l’assumer. Pourtant, il est nécessaire de s’en rendre compte pour avoir une meilleure vision du passé.

2- Un Œdipe mal résolu

C’est le premier conflit qui surgit dans la relation père fils. Ce moment clé correspond également à la période du « non », vers les trois ans de l’enfant. C’est une phase normale du développement. Le garçon entre en conflit avec son père pour se rapprocher de sa mère. Si la relation père fils est mal gérée à ce moment-là, cela peut entraîner des manquements, des failles à l’âge adulte. Par exemple, cela contribue à mettre constamment en place un syndrome de l’échec. En découlent des blocages, des phobies…
Dans ce cas, il est nécessaire de se faire aider.

3- La rivalité a pris le pas sur la complicité

La rivalité est normale, d’autant plus dans une relation père fils, tant qu’elle est saine. Admirer son père, c’est aussi avoir envie de devenir comme lui, voire mieux. Cela aide à se surpasser, à vouloir faire ses preuves. Cette rivalité peut donc être vue comme un moteur, un moyen de grandir. Mais quand la rivalité s’installe entre père et fils à outrance, elle peut aussi devenir une source de conflits sur le long terme.

4- Des besoins différents

Si notre vie d’adulte nous donne envie de résoudre certains conflits, ce n’est pas toujours le cas pour les parents. Apaiser les tensions signifie accepter d’avoir échoué à certains moments. C’est compliqué à admettre et à appréhender. Or, pour qu’une relation père fils soit équilibrée, cela demande des efforts des deux côtés. La colère d’un enfant peut être légitime, mais pas forcément compréhensible pour le parent.

5- Une question de générations

Les temps changent, les principes des uns ne sont pas forcément ceux des autres. Chaque génération possède des valeurs différentes. La relation père fils, notamment, a grandement évolué ces dernières décennies. Le rôle du père s’est largement modifié. Communication, vision des relations familiales, façons d’exprimer son amour… sont bien différentes d’il y a vingt ou trente ans.

6- Des personnalités parfois aux antipodes

Lorsqu’on est hypersensible, on a le sentiment que tout le monde ressent les mêmes émotions. Or, ce n’est pas du tout le cas. Ce qui est important pour le père peut être futile pour le fils et réciproquement. Les colères, les injustices… ne sont pas ressenties de la même manière par le père et/ou par le fils. Il s’agit de prendre cette différence en considération.

Comment apaiser la relation père fils ?

Évidemment, il n’y a aucune solution toute faite, aucun remède miracle. Chaque individu est unique, chaque colère liée à une relation père fils conflictuelle est différente. Les sources du conflit ne sont jamais identiques pour tout le monde. Mais ces quelques conseils pourraient aider à prendre du recul et à apaiser les tensions.

Savoir accepter que tout ne se règle pas en claquant des doigts

Même si c’est un excellent point de départ, l’envie n’est pas toujours suffisante. Ce n’est pas parce qu’on veut arranger les choses que cela va se faire du jour au lendemain. Rome ne s’est pas construite en un jour. Petit à petit, l’oiseau fait son nid. Autant de lieux communs qui nous rappellent que les relations humaines ont besoin de temps pour s’améliorer. De temps, et de communication, et il s’agit de capter les non-dits qui se cachent dans les détails.

Exit la relation idéale

Pendant, l’enfance, le père est vu comme un super héros. Le papa parfait. Cette image s’esquinte à l’adolescence, quand on comprend que ce n’est pas le cas. Et le choc est parfois rude.
Il faut apprendre à se débarrasser des pensées limitantes pour mieux évoluer. Un père n’est pas un surhomme, il est juste humain. Et l’amour, c’est accepter quelqu’un pour ses qualités mais aussi avec ses défauts.

Apprécier les moments vrais

La frustration est le premier sentiment que l’enfant ressent pendant la phase du complexe d’Œdipe. Cette frustration revient régulièrement dans la relation père fils. En apprenant à apprécier les moments pour ce qu’ils sont, on parvient à être plus entier lors de ces rencontres.
N’attendez pas trop des moments passés ensemble. Prenez-les comme ils viennent.

Écouter vos besoins mutuels

Si la relation père fils n’est pas au beau fixe, ce n’est pas seulement parce que le père est défaillant. Cela peut être le cas, évidemment mais rien n’est tout blanc ou tout noir. En conséquence, il faut aussi savoir se remettre en question. Entendre les besoins de chacun, c’est apprendre à les comprendre.

Ne pas abandonner

Si la relation père fils entraîne une réelle souffrance, il ne faut pas abandonner au premier obstacle. Ressentir de la colère freine dans ses projets d’adulte. Le ressentiment est une émotion qu’il convient de tempérer. Un obstacle se surmonte. Les épreuves font grandir. La communication n’est pas fluide ? Se faire aider d’une tierce personne peut débloquer certaines incompréhensions.

Demander une aide extérieure

Malheureusement, une relation père fils conflictuelle peut parfois ne jamais se résoudre, surtout si elle prend sa source dans le transgénérationnel. Il est donc nécessaire, à certains moments, d’accepter une aide extérieure pour s’épanouir. Une psychothérapie pour apprendre à mieux se comprendre apporter des axes de réflexions, et exprimer les non-dits. Dans le cas d’un fils hypersensible, un coach, un thérapeute en hypersensibilité peut également être une solution.

Quelle que soit les conflits de la relation père fils, ils peuvent s’apaiser. Cela demande des efforts. Parfois, une aide extérieure peut s’avérer utile. Et si l’on estime que c’est important pour son épanouissement, alors il faut foncer. Et surtout, comme nous l’enseigne Jacques Salomé : « savoir que parfois, les parents font les enfants, mais toujours les enfants font les parents ».

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